Par Kamal Semlal
Date de mise à jour : 15 octobre 2026
Thématique : cybersécurité, protection des données et prévention des fraudes
Cliquer sur un lien de phishing ne signifie pas automatiquement que votre ordinateur est infecté ou que vos comptes ont été piratés. En revanche, ce geste peut marquer le début d'un incident de sécurité dont la gravité dépend de ce qui s'est produit ensuite.
Avez-vous simplement ouvert une page ? Saisi votre mot de passe ? Communiqué un code reçu par SMS ? Téléchargé un fichier ? Validé une demande de connexion que vous n'aviez pas initiée ?
Ces situations ne présentent pas le même niveau de risque et ne nécessitent pas les mêmes mesures.
Le premier réflexe consiste à ne pas paniquer, mais à agir avec méthode. Fermer la page suspecte est utile. Toutefois, si des informations ont déjà été transmises, cette action ne suffit pas : il faut sécuriser les comptes concernés, vérifier les connexions récentes et, lorsque des données financières ou professionnelles sont en jeu, prévenir rapidement les services compétents.
Ce guide vous aide à déterminer les mesures à prendre selon votre situation, à éviter les erreurs qui peuvent aggraver l'incident et à reconnaître les signes d'une éventuelle compromission.
1. Évaluer le risque : qu'avez-vous fait après avoir cliqué ?
Avant de modifier vos paramètres de sécurité, reconstituez précisément ce qui s'est passé. Vous n'avez pas besoin de rouvrir le lien ni de retourner sur le site suspect. Appuyez-vous sur vos souvenirs et sur les notifications déjà reçues.
Le point déterminant est de savoir si vous avez seulement consulté une page ou si vous avez transmis des informations, autorisé une action ou exécuté un fichier.
| Situation constatée | Priorité immédiate |
|---|---|
| Lien ouvert, page fermée, aucune interaction supplémentaire | Fermer la page, effectuer les vérifications de base et surveiller |
| Page suspecte consultée sans saisie d'informations | Vérifier l'appareil et rester attentif aux comportements inhabituels |
| Adresse e-mail ou identifiant saisi | Évaluer les risques pour le compte et surveiller les tentatives de connexion |
| Mot de passe saisi | Le changer immédiatement depuis le service officiel |
| Mot de passe utilisé sur plusieurs services | Sécuriser également tous les comptes utilisant ce mot de passe |
| Code de validation communiqué | Traiter la situation comme urgente et sécuriser le compte concerné |
| Informations bancaires transmises | Contacter rapidement la banque par un canal officiel |
| Fichier téléchargé | Ne pas l'ouvrir et vérifier la sécurité de l'appareil |
| Programme exécuté ou autorisation inhabituelle accordée | Faire évaluer l'appareil ou le compte selon les circonstances |
| Compte professionnel concerné | Prévenir immédiatement le service informatique ou de sécurité |
Ce tableau sert à déterminer les premières actions, pas à établir un diagnostic définitif. Un simple clic peut présenter un risque technique dans certaines circonstances, notamment si le navigateur ou le système est vulnérable. À l'inverse, l'ouverture d'une page frauduleuse ne signifie pas, à elle seule, qu'un attaquant a obtenu accès à vos données.
La bonne question n'est donc pas seulement « Ai-je cliqué ? », mais « Qu'est-ce que ce clic m'a amené à communiquer, télécharger ou autoriser ? »
2. Fermer la page suspecte et interrompre toute interaction
Si la page est encore ouverte, fermez-la. Ne saisissez aucune information supplémentaire et ne cliquez pas sur les boutons qui vous demandent de confirmer votre identité, de débloquer un compte ou d'installer un prétendu outil de sécurité.
Certaines tentatives de phishing utilisent plusieurs étapes. Une première page imite un service connu, puis un formulaire réclame un mot de passe ou un code de validation. D'autres pages affichent de fausses alertes, prétendent que l'appareil est infecté ou incitent à télécharger un programme.
Ne cherchez pas à vérifier si le site fonctionne encore. Ne retournez pas volontairement sur le lien pour comprendre ce qu'il fait.
Si vous avez uniquement ouvert la page sans fournir d'informations ni télécharger de fichier, il n'est pas nécessaire de changer systématiquement tous vos mots de passe. Commencez par les vérifications adaptées à votre appareil et restez attentif aux alertes inhabituelles.
Si vous avez effectué une action supplémentaire, passez directement aux mesures correspondantes ci-dessous.
3. Si vous avez saisi un mot de passe, sécurisez le compte sans attendre
Lorsqu'un mot de passe a été communiqué sur une fausse page, considérez-le comme potentiellement exposé.
Accédez au service concerné en ouvrant vous-même son application officielle ou en saisissant son adresse habituelle dans le navigateur. N'utilisez pas le lien du message suspect, même si la page semblait parfaitement identique au site légitime.
Changez le mot de passe et choisissez-en un qui n'est utilisé sur aucun autre service. Un gestionnaire de mots de passe peut faciliter la création et la conservation de mots de passe uniques.
Le risque des mots de passe réutilisés
Imaginons que vous ayez saisi le mot de passe de votre messagerie sur une page frauduleuse. Si vous utilisez le même mot de passe pour un réseau social, une boutique en ligne et un service de stockage cloud, ces comptes sont également exposés.
Un attaquant peut tenter d'utiliser les identifiants récupérés sur d'autres plateformes. Cette technique, appelée credential stuffing, exploite précisément la réutilisation des mêmes identifiants.
Il faut donc sécuriser chaque compte concerné, en commençant par ceux qui permettent de récupérer l'accès aux autres services.
La messagerie principale mérite une attention particulière : elle peut servir à réinitialiser les mots de passe d'un grand nombre de comptes. Un compte professionnel, un gestionnaire de mots de passe ou un service financier peut également nécessiter une intervention prioritaire.
Si vous ne parvenez plus à vous connecter, utilisez directement la procédure officielle de récupération du compte. N'accordez pas votre confiance à une personne qui vous contacte spontanément en promettant de le récupérer contre un paiement ou un code de sécurité.
4. Activer l'authentification multifacteur et vérifier les méthodes de connexion
L'authentification multifacteur, souvent appelée MFA, ajoute une vérification supplémentaire à la connexion. Elle peut contribuer à empêcher l'utilisation d'un mot de passe volé, mais elle ne protège pas contre toutes les formes de phishing.
Lorsque le service le permet, privilégiez des méthodes résistantes au phishing, comme les clés de sécurité physiques ou les clés d'accès (passkeys). Les applications d'authentification peuvent également apporter une protection utile, tandis que les codes reçus par SMS présentent certaines limites.
Ne considérez toutefois aucune méthode comme une garantie absolue. Un attaquant peut chercher à vous faire approuver une connexion frauduleuse ou à récupérer un code de validation.
Après un incident, vérifiez que les méthodes d'authentification associées au compte sont bien les vôtres. Supprimez les dispositifs inconnus si le service le permet et rétablissez les paramètres de sécurité à partir de l'interface officielle.
5. Vérifier les sessions actives et les appareils connectés
Changer le mot de passe ne suffit pas toujours à déterminer si un compte est encore accessible à un tiers.
Consultez les paramètres de sécurité du service et recherchez les connexions récentes, les appareils associés et les alertes d'activité. Portez une attention particulière aux éléments suivants :
une session que vous ne reconnaissez pas ;
un appareil inconnu ;
une connexion à une heure inhabituelle ;
une modification des paramètres de sécurité ;
une nouvelle adresse e-mail ou un nouveau numéro de récupération ;
une demande de réinitialisation que vous n'avez pas initiée.
Si le service propose une fonction permettant de fermer toutes les sessions actives, utilisez-la lorsque vous suspectez une compromission. Certains services nécessitent une action distincte pour révoquer les appareils de confiance ou les applications connectées.
Ne concluez pas automatiquement qu'une connexion est frauduleuse uniquement parce qu'une localisation paraît inhabituelle : les réseaux mobiles, les VPN et les systèmes de géolocalisation peuvent produire des résultats imprécis. En revanche, une session inconnue associée à des modifications non autorisées doit être prise au sérieux.
6. Examiner les paramètres de récupération et les règles de messagerie
Une fois le mot de passe changé, contrôlez les paramètres qui permettent de conserver ou de récupérer l'accès au compte.
| Élément à contrôler | Ce qu'il faut rechercher |
|---|---|
| Adresse de récupération | Une adresse inconnue ou récemment ajoutée |
| Numéro de téléphone | Un numéro qui ne vous appartient pas |
| Méthodes MFA | Un dispositif ou une méthode que vous n'avez pas configuré |
| Appareils autorisés | Une connexion persistante que vous ne reconnaissez pas |
| Applications connectées | Une autorisation accordée à une application inconnue |
| Règles de messagerie | Un transfert automatique ou un filtrage inhabituel |
| Délégation d'accès | Une autre personne ou application disposant d'un accès non autorisé |
Les règles de messagerie méritent une attention particulière. Dans une boîte mail compromise, un transfert automatique peut permettre à un tiers de recevoir certains messages, même après un changement de mot de passe si la règle reste active.
Vérifiez également les messages envoyés, les éléments supprimés et les demandes de réinitialisation récentes. Si vous découvrez des modifications que vous n'avez pas effectuées, supprimez-les lorsque cela est possible et signalez la situation au fournisseur du service.
Si des paramètres semblent se rétablir automatiquement ou si vous perdez de nouveau l'accès, demandez l'assistance officielle du fournisseur. Il peut être nécessaire de révoquer des sessions ou des autorisations supplémentaires.
7. Si vous avez communiqué des informations bancaires, contactez votre banque
Une fausse page bancaire peut chercher à obtenir différents types d'informations : numéro de carte, identifiants de connexion, données personnelles ou code permettant de valider une opération.
Si vous avez transmis de telles informations, contactez rapidement votre banque à partir de son application officielle, de son site officiel ou du numéro figurant sur vos documents bancaires.
N'utilisez pas les coordonnées indiquées dans le message suspect. Le fraudeur peut avoir fourni un faux numéro ou une adresse qui imite celle de l'établissement.
Expliquez précisément ce que vous avez communiqué et à quel moment. La banque pourra vous indiquer les mesures adaptées : opposition à une carte, remplacement de celle-ci, blocage de certaines opérations ou sécurisation de l'accès bancaire.
Ne vous contentez pas d'attendre l'apparition d'une transaction inhabituelle. Lorsqu'un code de validation a été communiqué ou qu'une opération a été approuvée par erreur, signalez-le immédiatement.
Si vous constatez un paiement ou un virement que vous n'avez pas autorisé, contactez sans délai l'établissement concerné et conservez les éléments utiles : notifications, références d'opération et échanges avec la banque.
Les modalités de signalement et de contestation varient selon le pays et le type d'opération. Suivez les instructions de votre établissement et les procédures officielles applicables à votre situation.
8. Si vous avez téléchargé ou exécuté un fichier, vérifiez l'appareil
Le risque change lorsqu'un lien déclenche un téléchargement ou vous amène à exécuter un programme.
Un fichier téléchargé n'est pas nécessairement malveillant. Toutefois, si son origine est suspecte, ne l'ouvrez pas et ne lui accordez aucune autorisation supplémentaire.
Voici les premières mesures à prendre :
N'exécutez pas le fichier et ne tentez pas de l'installer.
Maintenez le système et les outils de sécurité à jour.
Lancez une analyse avec les outils de sécurité fiables déjà disponibles sur l'appareil.
Si un programme a été exécuté, si des autorisations inhabituelles ont été accordées ou si l'appareil présente un comportement suspect, demandez une évaluation adaptée.
Si l'appareil appartient à une organisation, contactez le service informatique avant de tenter des manipulations supplémentaires.
Ne téléchargez jamais un prétendu antivirus depuis la page suspecte elle-même. Une alerte indiquant que votre appareil est infecté peut être un prétexte destiné à vous faire installer un logiciel malveillant.
Si vous soupçonnez une compromission importante, évitez d'utiliser l'appareil concerné pour modifier vos mots de passe sensibles avant d'avoir évalué la situation. Utilisez, si nécessaire, un autre appareil fiable pour sécuriser vos comptes.
Sur un ordinateur professionnel, ne réinitialisez pas vous-même le système et ne supprimez pas les fichiers suspects avant d'avoir consulté l'équipe chargée de la sécurité. Des traces utiles à l'analyse pourraient être perdues.
9. Surveiller les jours suivants et repérer les signes d'une compromission
Après les premières mesures, restez attentif aux changements qui pourraient révéler une utilisation frauduleuse de vos informations.
Surveillez notamment :
les alertes de connexion et de modification des paramètres ;
les demandes de réinitialisation que vous n'avez pas initiées ;
les messages envoyés depuis votre compte sans votre intervention ;
les achats ou opérations financières inhabituels ;
les nouveaux appareils ou moyens de récupération ;
les notifications indiquant qu'un compte a été verrouillé ou que ses paramètres ont changé.
L'absence d'alerte ne garantit pas qu'aucune donnée n'a été exposée. À l'inverse, une notification isolée ne prouve pas nécessairement qu'un compte a été piraté. Examinez les faits disponibles et contactez le service concerné en cas de doute sérieux.
Si votre compte sert à communiquer avec des clients, des collègues ou des proches, avertissez les personnes concernées lorsque des messages frauduleux ont pu être envoyés en votre nom.
10. Si le phishing concerne votre travail, signalez-le immédiatement
Un lien suspect reçu sur une adresse professionnelle ne concerne pas uniquement votre compte individuel. Selon les accès associés, l'incident peut toucher des documents partagés, des données clients ou d'autres systèmes de l'organisation.
Prévenez rapidement le service informatique, l'équipe de sécurité ou la personne responsable de la gestion des incidents. Même si vous pensez n'avoir rien communiqué, le signalement peut permettre de vérifier si d'autres employés ont reçu le même message.
Conservez, si possible et conformément aux règles de votre organisation, les informations suivantes :
le message original ;
l'adresse de l'expéditeur ;
le lien suspect, sans le rouvrir ;
l'heure approximative du clic ;
les informations éventuellement saisies ;
les fichiers téléchargés ou les autorisations accordées ;
les alertes apparues après l'incident.
Ne supprimez pas le message avant de savoir si l'équipe de sécurité souhaite l'analyser. N'envoyez pas non plus le lien à des collègues pour leur demander de le tester.
Le signalement rapide peut aider l'organisation à bloquer le domaine, à rechercher d'autres messages similaires et à sécuriser les comptes concernés.
11. Se préparer à une éventuelle deuxième tentative d'arnaque
Après un incident de phishing, une nouvelle tentative peut suivre. Un fraudeur peut prétendre représenter votre banque, votre service informatique ou un fournisseur de compte afin de vous convaincre de communiquer davantage d'informations.
Il peut même connaître votre nom, votre adresse e-mail ou certains détails de la tentative précédente. Cette connaissance ne prouve pas qu'il s'agit d'un interlocuteur légitime.
Prenons un exemple : après avoir rempli un faux formulaire bancaire, vous recevez un appel vous informant qu'une opération suspecte a été détectée. L'interlocuteur vous demande un code reçu par SMS pour « bloquer le paiement ».
Le scénario paraît cohérent parce qu'il correspond à ce que vous venez de vivre. Pourtant, cette cohérence peut être précisément ce qui rend la nouvelle tentative crédible.
Ne communiquez pas un code de sécurité et n'approuvez pas une demande de connexion simplement parce que l'interlocuteur semble bien informé. Raccrochez si nécessaire, puis contactez vous-même l'établissement à partir d'un canal officiel.
Méfiez-vous également des personnes qui promettent de récupérer un compte contre paiement ou qui vous demandent d'installer un logiciel de prise en main à distance. Après une première tentative, la priorité est de réduire les risques, pas de confier l'accès à vos appareils à un interlocuteur non vérifié.
12. Que faire dans les 30 premières minutes ? Un plan d'action priorisé
Lorsqu'un incident vient de se produire, il est facile de perdre du temps à chercher des dizaines de conseils contradictoires. Une séquence d'actions claire permet de se concentrer sur les risques les plus importants.
Voici une grille pratique à adapter à votre situation.
| Moment | Action à privilégier |
|---|---|
| Immédiatement | Fermer la page, interrompre toute interaction et identifier les informations éventuellement communiquées |
| Dès que possible | Changer les mots de passe exposés depuis un appareil fiable et sécuriser les comptes concernés |
| Sans attendre si des données financières sont exposées | Contacter la banque par un canal officiel |
| Rapidement si un compte professionnel est concerné | Prévenir l'équipe informatique ou de sécurité |
| Après les premières mesures | Vérifier les sessions, les appareils, les paramètres de récupération et les alertes |
| Dans les heures et jours suivants | Surveiller les connexions, les demandes de réinitialisation et les opérations inhabituelles |
Cette chronologie est indicative : elle ne signifie pas qu'il faut attendre 30 minutes avant d'agir. Une opération bancaire suspecte, un code de validation communiqué ou une compromission professionnelle peut nécessiter une intervention immédiate.
L'ordre des actions dépend également de la situation. Si vous soupçonnez qu'un appareil est compromis, évitez de l'utiliser pour saisir de nouveaux mots de passe sensibles et demandez une assistance adaptée.
13. Les erreurs à éviter après un clic de phishing
Certaines réactions, même bien intentionnées, peuvent prolonger l'incident.
Changer uniquement le mot de passe du site imité. Si vous avez réutilisé ce mot de passe ailleurs, les autres comptes restent exposés.
Retourner sur le lien pour comprendre ce qui s'est passé. Cette démarche peut vous exposer à de nouvelles manipulations sans apporter de bénéfice réel.
Installer un outil de nettoyage recommandé par la page suspecte. Un faux antivirus peut être une seconde tentative d'infection.
Ignorer les notifications inhabituelles. Une alerte de connexion, une demande de réinitialisation ou une modification des paramètres peut signaler une tentative d'accès.
Supprimer les preuves trop rapidement. Dans un environnement professionnel, le message original et les informations relatives à l'incident peuvent être nécessaires à l'analyse.
Multiplier les actions sans ordre précis. La panique peut conduire à communiquer d'autres informations à un faux service d'assistance ou à utiliser un lien frauduleux une seconde fois.
La bonne approche consiste à identifier les données exposées, à sécuriser les accès concernés et à demander de l'aide lorsque le niveau de risque le justifie.
Élément original : la matrice « Exposition – Accès – Impact »
Pour aller au-delà du simple réflexe « j'ai cliqué, que faire ? », utilisez cette matrice pour déterminer ce qui doit être protégé en priorité.
<text color="secondary" size="sm">Outil pratique de triage proposé pour cet article. Il s'agit d'une grille d'aide à la décision, et non d'un diagnostic technique.</text>
<box border radius="lg" padding={3} gap={3}> <row align="start" gap={3}> <box background="surface-secondary" radius="md" size="44px" align="center" justify="center"> <icon name="mouse-pointer-click" size="xl"/> </box> <box flex="1" gap={1}> **1. Exposition : qu'ai-je transmis ou exécuté ?**
<text color="secondary" size="sm">Aucune donnée, identifiant, mot de passe, code, information bancaire, fichier ou autorisation.</text>
<text size="sm">Objectif : déterminer si l'incident est resté au stade de la consultation ou s'il a entraîné une action supplémentaire.</text>
</box></row> <divider color="subtle"/> <row align="start" gap={3}> <box background="surface-secondary" radius="md" size="44px" align="center" justify="center"> <icon name="key-round" size="xl"/> </box> <box flex="1" gap={1}> **2. Accès : quel compte ou appareil est concerné ?**
<text color="secondary" size="sm">Messagerie, banque, réseau social, stockage cloud, compte professionnel ou appareil personnel.</text>
<text size="sm">Objectif : identifier les accès à sécuriser et les autres comptes susceptibles d'être touchés.</text>
</box></row> <divider color="subtle"/> <row align="start" gap={3}> <box background="surface-secondary" radius="md" size="44px" align="center" justify="center"> <icon name="shield-alert" size="xl"/> </box> <box flex="1" gap={1}> **3. Impact : quelles conséquences sont possibles ?**
<text color="secondary" size="sm">Prise de contrôle d'un compte, accès à des données, opération financière ou risque pour une organisation.</text>
<text size="sm">Objectif : déterminer le degré d'urgence et choisir le bon interlocuteur : fournisseur du compte, banque ou équipe informatique.</text>
</box></row> </box>
Cette méthode évite une erreur fréquente : appliquer la même réponse à tous les incidents. Une page ouverte sans interaction et un code bancaire communiqué ne justifient pas le même plan d'action.
Elle aide également à repérer les effets indirects. Par exemple, la compromission d'une messagerie peut exposer d'autres comptes par l'intermédiaire des procédures de récupération de mot de passe.
FAQ : les questions les plus fréquentes après un clic de phishing
Est-ce grave si j'ai simplement cliqué sur le lien ?
Pas nécessairement. Si vous avez uniquement ouvert la page, sans communiquer d'informations, télécharger de fichier ni accorder d'autorisation, le risque est généralement inférieur à celui d'un compte dont les identifiants ont été transmis. Il n'est toutefois pas possible de garantir l'absence de risque dans toutes les circonstances.
Fermez la page, vérifiez que votre appareil fonctionne normalement et surveillez les alertes inhabituelles. Le National Cyber Security Centre britannique indique également que, si aucune information personnelle n'a été saisie et qu'aucun fichier ou logiciel n'a été téléchargé ou installé, des mesures supplémentaires ne sont généralement pas nécessaires, tout en recommandant de rester vigilant. <Link url="https://www.ncsc.gov.uk/section/respond-recover/phishing" title="Consulter ses recommandations officielles"/>.
Dois-je changer tous mes mots de passe ?
Non, pas systématiquement. Changez immédiatement tout mot de passe saisi sur la page frauduleuse. Si ce mot de passe est utilisé sur d'autres services, changez-le également sur chacun d'eux. Priorisez notamment la messagerie principale et les comptes permettant de récupérer l'accès à d'autres services.
Que faire si j'ai donné un code reçu par SMS ?
Traitez la situation comme urgente. Un code peut servir à confirmer une connexion, une modification de compte ou une opération. Accédez au service par son application ou son site officiel, vérifiez les sessions et les paramètres de sécurité, puis contactez le fournisseur ou la banque si le code concernait un service financier.
Ne communiquez aucun autre code à une personne qui vous contacte pour vous aider.
Dois-je prévenir ma banque si j'ai uniquement ouvert un lien ?
Pas nécessairement. Si vous n'avez transmis aucune donnée bancaire et n'avez approuvé aucune opération, le simple clic ne justifie pas automatiquement une opposition bancaire. En revanche, si vous avez communiqué des informations financières, validé une opération ou constaté un mouvement inhabituel, contactez immédiatement votre banque.
Faut-il réinitialiser complètement mon ordinateur ?
Pas automatiquement. Un clic ne prouve pas qu'un appareil est infecté. Si un fichier a été téléchargé ou exécuté, si un logiciel a été installé ou si l'appareil présente un comportement suspect, effectuez les contrôles de sécurité adaptés et demandez une assistance spécialisée si nécessaire.
Comment savoir si mon compte a été piraté ?
Aucun signe isolé ne permet de le confirmer dans tous les cas. Une connexion inconnue, une modification des paramètres de récupération, des messages envoyés sans votre intervention ou des opérations non reconnues sont des indices à examiner. Consultez l'activité du compte et contactez le fournisseur si vous constatez une anomalie.
Où signaler un message de phishing ?
Le canal de signalement dépend du pays, du service utilisé et de la nature de l'incident. Vous pouvez signaler le message à la plateforme concernée, à votre fournisseur de messagerie ou au service informatique de votre organisation. En cas de préjudice financier ou de vol d'identité, renseignez-vous également auprès de votre banque et des autorités compétentes dans votre pays.
Conclusion : agir vite, mais dans le bon ordre
Après un clic de phishing, il ne faut ni minimiser le risque ni supposer que tout est déjà compromis. La gravité dépend des informations communiquées, des actions autorisées et des systèmes concernés.
Retenez trois questions :
Qu'ai-je communiqué ou exécuté ?
Quels comptes ou appareils sont potentiellement exposés ?
Quelle action réduit le risque le plus urgent ?
Si vous avez transmis un mot de passe, sécurisez le compte et les autres services concernés. Si vous avez communiqué des informations bancaires, contactez votre banque. Si vous avez téléchargé ou exécuté un fichier suspect, vérifiez l'appareil. Si votre environnement professionnel est concerné, prévenez immédiatement l'équipe responsable.
Enfin, n'oubliez pas qu'un incident signalé rapidement peut être plus facile à contenir. Il n'est pas nécessaire d'avoir la certitude d'avoir été piraté pour demander conseil ou signaler une situation suspecte.
La règle essentielle : identifier ce qui a été exposé, protéger les accès concernés et vérifier les conséquences avant de considérer l'incident comme terminé.
Sources et références
Les recommandations de cet article s'appuient sur les ressources publiques suivantes, consultées le 15 octobre 2026. Les procédures de signalement et les recours peuvent varier selon le pays.
Note de sécurité : ces ressources constituent des références générales. En cas de fraude bancaire, de perte d'accès à un compte ou de compromission professionnelle, les consignes du service concerné et les procédures officielles applicables à votre pays doivent primer.
Signature : Kamal Semlal